«Shutdown» : Trump claque la porte des négociations budgétaires

Le président américain a abruptement quitté, mercredi, une rencontre à la Maison-Blanche avec les ténors démocrates sur son projet controversé de mur à la frontière avec le Mexique. Le record du plus long «shutdown» de l’histoire est sur le point de tomber: 21 jours, entre fin 1995 et début 1996.

Englué dans un bras de fer budgétaire aux conséquences politiques incertaines, Donald Trump a abruptement quitté mercredi une rencontre à la Maison-Blanche avec les ténors démocrates sur son projet de mur à la frontière avec le Mexique. «Le président s’est levé et est parti», a relaté Chuck Schumer, leader des démocrates au Sénat, juste après la rencontre. «Une nouvelle fois, nous avons assisté à un caprice parce qu’il ne pouvait obtenir ce qu’il voulait».

«Je viens de quitter une rencontre avec Chuck (Schumer) et Nancy (Pelosi), totale perte de temps», a lancé, presque simultanément, le président américain dans un tweet rageur. «J’ai dit bye-bye», a-t-il ajouté. Au lendemain d’un discours solennel depuis le Bureau ovale, au cours duquel il a usé d’un ton dramatique pour tenter de rallier coûte que coûte les Américains à son projet sécuritaire phare, Donald Trump a réaffirmé qu’il ne bougerait pas sur le mur, sa promesse de campagne emblématique. Les discussions sont dans l’impasse. Le locataire de la Maison-Blanche réclame 5,7 milliards de dollars pour «une barrière en acier» ou un mur. Les démocrates refusent de débloquer des fonds pour ce projet qu’ils jugent «immoral».

Or la paralysie budgétaire a des conséquences très concrètes: depuis plus de deux semaines, quelque 800.000 fonctionnaires fédéraux ne sont plus payés. Et le record du plus long «shutdown» de l’histoire est sur le point de tomber: 21 jours, entre fin 1995 et début 1996, sous la présidence de Bill Clinton. «Le parti est très très uni», a assuré le président américain après une rencontre avec les sénateurs de son parti sur la colline du Capitole. «Les républicains veulent la sécurité aux frontières (…) ils veulent une barrière en acier ou un mur en béton, peu importe», a-t-il martelé.

«Dommages collatéraux»

Pour le sénateur républicain de Louisiane John Kennedy, les choses sont claires: le président a clairement indiqué lors de la rencontre qu’il n’avait pas l’intention «de céder d’un millimètre». La veille, en neuf minutes télédiffusées en direct sur les principales chaînes du pays, Donald Trump n’avait proposé aucune nouvelle porte de sortie, ciblant ses arguments contre les immigrants clandestins qu’il a accusés de faire couler «le sang américain». Entourés de fonctionnaires touchés par le «shutdown», les leaders démocrates Chuck Schumer et Nancy Pelosi avaient un peu plus tôt convoqué la presse dans une salle du Congrès. «Ces personnes derrière moi illustrent les véritables dommages collatéraux du “shutdown” du président Trump», a asséné Chuck Schumer.

Dans cette bataille de communication pour savoir qui est le principal responsable de la paralysie, Donald Trump affirme lui bénéficier du soutien de nombre de fonctionnaires placés de facto en congé sans solde. «Beaucoup disent “c’est très dur pour moi, c’est très dur pour ma famille, mais M. le président vous agissez comme on doit le faire”», a-t-il dit. Le président américain a encore une fois évoqué l’hypothèse de déclarer une «urgence» nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires, une procédure qui plongerait le pays dans une extraordinaire bataille politico-judiciaire.

Son fils aîné, Donald Trump Jr, a de son côté suscité des réactions outrées en comparant l’efficacité du mur voulu par son père à un enclos de zoo. «Savez-vous pourquoi vous pouvez apprécier une journée au zoo? Parce que les murs cela marche», a-t-il écrit sur Instagram. Donald Trump poursuivra jeudi son offensive en se rendant à la frontière, au Texas, où il devrait encore une fois marteler son message sécuritaire. Interrogé mercredi sur CNN, le sénateur républicain Marco Rubio a résumé le rapport de force par ces mots: «Les deux camps sont convaincus d’être ardemment soutenus par la base de leur parti, par ceux qui les ont élus. Les deux camps ont le sentiment que s’ils cèdent, cela leur coûtera politiquement extrêmement cher».

 

Auteur: lefigaro.fr







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