(Profil) Abdoulaye Mady Ndiaye, le candidat de l’industrialisation

Depuis plus de 30 ans, Abdoulaye Mady Ndiaye dirige l’aviation civile en Europe. Tous ceux qui sont allés à la Mecque sont montés dans les avions fabriqués d’après son génie. Candidat à la candidature à la Présidentielle de 2019, ce Thiessois de 52 ans, ingénieur en aéronautique, ne croit pas à une Afrique qui est derrière et qui continue d’être derrière des puissances étrangères, qui font malheureusement, confiance à des experts sénégalais pour leur développement.

Président fondateur du mouvement «Avenirs Africains Associés (3A)», Abdoulaye Mady Ndiaye veut remplacer Macky Sall à la tête du Sénégal. Ce surdoué est ingénieur en aéronautique. Directeur de l’organisation européenne de l’équipement pour l’aviation civile, l’homme est inconnu des Sénégalais. Mais en Europe, il est très connu. Ce samedi, il a marché de Dakar à Thiès pour booster le parrainage pour la validation de sa candidature à la Présidentielle de 2019. Né à Thiès en 1966, ce surdoué de l’aviation se considère comme un des héritiers de Cheikh Anta Diop. Pur produit de l’école sénégalaise, il a fait ses humanités à Daniel Brotier de Thiès. Après le concours d’entrée en 6è, il est admis au Lycée d’élite Van Vollenhoven (devenu Lamine Guèye en 1985) de Dakar comme interne. «J’y ai passé mes études secondaires en observant régulièrement l’avion Concorde se poser à Dakar-Yoff pour son escale de Paris-Rio», note-t-il. Sorti de «Van Vo», comme un des majors des Terminales scientifiques, il bénéficie d’une bourse d’Etat pour aller étudier à l’étranger. «J’ai brillamment réussi mes classes préparatoires et à 23 ans, j’étais déjà ingénieur diplômé de l’Ecole nationale de l’aviation civile de Toulouse, option Techniques aéronautiques, avec en sus une licence de Pilote d’avion en poche. Avant même la fin de mon stage de fin d’études, j’ai signé un contrat d’embauche à la fois chez un grand industriel de la défense et un grand avionneur, tous les deux français et qui m’ont prié de prendre le temps de choisir à tête reposée, qui retenir», s’enorgueillit-il. Il va travailler pendant 30 ans, au complexe militaro-industriel occidental, dans des projets et programmes plus incroyables les uns que les autres. Ce qui lui a permis d’être à la tête de l’Organisation européenne de l’équipement pour l’aviation civile et conseiller de la Commission européenne sur l’élaboration du Ciel unique européen et ceci, après avoir dirigé de nombreux grands programmes d’aviation au niveau mondial. «Je suis aujourd’hui en mesure d’affirmer pouvoir bâtir une industrie aéronautique au Sénégal et en Afrique. Ce que certainement, peu de personnes de ma génération peuvent prétendre», soutient-il. Fils d’un couple Thiessois d’enseignants, Abdoulaye Mady Ndiaye mise sur l’éducation et la formation pour développer le Sénégal. Pour lui, il est primordial d’amorcer un virage radical vers les sciences, les technologies et l’ingénierie. Car l’enjeu africain est avant tout technologique. «Aucun développement n’est possible sans maîtrise technologique», pense-t-il. Partisan d’une politique industrielle permettant au Sénégal d’exploiter et transformer tout ou partie de ses ressources agricoles, halieutiques et minières pour répondre à ses véritables besoins, il est d’avis que le continent africain est doté de multiples et gigantesques ressources presque intarissables : ensoleillement, eau potable, terres arables, silicium, pétrole, gaz, zircon, uranium, or, bauxite, fer, diamant, etc. Avare en mots, Abdoulaye Mady Ndiaye se décrit comme un homme qui agit. Sa décision de candidature date de 2012. «Nous avions toujours dit que nous n’étions pas politicien comme les politiciens. Nous sommes technicien-praticien. La région de Thiès produit plus dans le Pib du Sénégal. C’est la région la plus industrialisée du Sénégal. Elle doit le rester, par rapport aux Chemins de fer et peut-être, par une industrie aéronautique. J’avais pris l’engagement devant ma grand-mère de construire un jour, un avion ici à Thiès. L’aéronautique, c’est comme un indicateur. Un pays industrialisé peut faire un avion. Un pays en développement peut aussi le faire», révèle-t-il.

«Macky a confiance à l’Europe, qui me fait confiance»

Abdoulaye Mady Ndiaye se définit comme le candidat du transfert technologique et de l’industrialisation du Sénégal. «Je ne crois pas à un Sénégal qui sera derrière les Sénégalais. Je suis le Secrétaire général de l’aviation civile en Europe. Depuis plus de 30 ans, je dirige les Européens. Je ne crois pas à une Afrique qui est derrière et qui continue d’être derrière», confie-t-il. Pour lui, il y a des opportunités pour le Sénégal où il y a toutes les ressources. Toutefois, ce qui manque, c’est la maîtrise technologique pour transformer nos ressources, créer des emplois. Il veut contribuer au changement de ce système, si les Sénégalais décident de le parrainer pour faire partie de l’élection présidentielle. «Notre vision est celle d’un pays moderne qui va de l’avant, utilise ses ressources. Dieu sait que nous sommes une terre bénite. Il y a énormément de ressources», note-t-il. Il croit savoir que la première ressource du Sénégal, ce n’est pas celle enfouie sous terre. C’est d’abord l’intelligence de sa population qui a des capacités à faire des choses. Mais le problème du Sénégal, c’est son leadership. «Nous avons démontré nos preuves au niveau international, qu’on peut nous faire confiance. Le Gouvernement du Sénégal a confiance aux Français pour faire avancer ses projets. L’ensemble des 27 pays de l’Europe me fait confiance», dit-il. Il a un projet de réhabilitation des Chemins de fer de Dakar à Bamako. «J’ai vu le Dakar-Niger dans mon enfance. Ensuite, le train a commencé à décliner. L’écartement du train n’a pas changé. Je n’ai pas vu un seul politique qui pense que l’écartement pourrait changer. Je veux un train qui passe par-dessus et la route en dessous. L’inverse de ce que nous voyons tous les jours, au Sénégal. Les gares seront à l’étage. Le rail est quelque chose de fondamental. Le rail, c’est 100 fois moins polluant, 100 fois plus économique. Je crois en un Sénégal qui se développe avec le rail. Le rail peut irriguer le bassin arachidier, même jusqu’à Tambacounda. Il peut aller jusqu’au Mali», a-t-il indiqué. «Il fallait développer le rail et non le Train express régional (Ter). Le Ter est une erreur. Il nous coûtera 1 200 milliards FCfa que nous allons donner à Alstom, une société française en Alsace. Elle était en train de couler», informe-t-il. Quand elle a eu un contrat du Sénégal, elle s’est remise en marche, rappelle-t-il, révélant qu’Alstom embauche des enfants d’Alsace, mais pas des Sénégalais. Ainsi, tout le travail qui est fait avec ces 1 200 milliards va servir l’industrie française et les Français. Il déplore que le Sénégal soit dans un système «perdant» dans l’exploitation de ses ressources. «Que ce soit la pêche, les mines, le pétrole, nous sommes dans un ratio de 10% pour le Sénégal et 90% pour les étrangers. Nous possédons 100% de la ressource, mais nous n’en disposons que de 10%. L’étranger qui arrive, nous dit que vous avez la ressource, j’ai le savoir, parce que vous ne savez rien faire pour la transformer», explique-t-il. D’où la nécessité de promouvoir une éducation de qualité.

 







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