Présidentielle: Le boycott, un suicide

L’idée émise par le candidat recalé Moustapha Guirassy et par le professeur Amsatou Sow Sidibé de boycotter la présidentielle, fait son bonhomme de chemin.

Bien sûr, elle est loin d’être partagée car ils sont nombreux, dans l’opposition, encore, à penser qu’il est important de participer à la présidentielle.

Toutefois, le simple fait que l’idée soit ainsi émise suffit en effet à plancher là-dessus  pour jauger de sa pertinence.

Car, il ne fait pas de doute que personne ne sait quelle sera l’attitude de certains leaders admis au parrainage et dont les candidatures pourraient être rejetées pour d’autres motifs, notamment d’ordre judiciaire.

En clair, personne ne connait la réaction de Me Abdoulaye Wade si jamais il se rendait compte que son fils ne serait pas candidat, ce que seul le Conseil constitutionnel peut décréter.

Il va de soi que l’idée de boycott ainsi émise est loin d’être saugrenue. Elle peut être l’ultime stratégie de révolte contre les conditions d’une élection pour laquelle le pouvoir n’a cédé sur aucun point.

Rappelez que Me Wade, en conférence de presse en août 2017, avait laissé entendre que le Pds n’allait jamais participer à des élections organisées comme celle des législatives.

Il a même ironisé pour dire que le Président pouvait se présentait seul à la présidentielle avec des scores de 100% et de 140%.

Maintenant que son fils éprouve d’énormes difficultés d’être accepté comme candidat, là où Aly Ngouille Ndiaye déclare à tout bout de champ que c’est lui qui va organiser les élections, l’attitude du Pds et de son leader est très attendue dans les prochains jours.

Comme quoi, certains partis ou coalitions peuvent être tentés par l’idée de boycott.

Il est cependant important qu’ils sachent que le boycott, c’est comme le suicide. En fait, c’est un suicide. Or, le message lancé par le suicidé est un message de désespoir pour qu’il soit finalement entendu.

Mais le suicidé ne va jamais gouter aux fruits de son sacrifice si jamais la partie en face cédait.

Ce qui est loin d’être le cas ici. Si tout le monde venait à boycotter la présidentielle, ce qui est peu probable, cela n’empêchera pas Macky de dormir.

Mieux, il va s’en féliciter et profiter de cette aubaine de commencer un second mandat.

En réalité, le suicide, comme le boycott, est une démission, une forme de lâcheté qui fait que la personne rechigne à faire face à la situation.

Ce qui se passe, c’est que l’opposition aura ses représentants à la présidentielle, des candidats sérieux avec des programmes et une envie de gagner.

Or, même si tout le monde avait participé, seul un seul serait élu. Alors, il est temps de faire contre mauvaise fortune bon cœur et de resserrer les rangs afin de travailler autour de programmes unifiés et de stratégies concertées de lutte. C’est cela le vrai courage. Tout le monde sait, aujourd’hui, que seules les coalitions peuvent faire gagner les candidats. Alors, comme aucun parti n’est en mesure de gagner à lui seul, personne ne peut désormais diriger seul le pays. Ce sera une coalition qui sera au pouvoir, que ce soit Benno ou une autre.

Certes, la pilule du parrainage et des autres ‘’manœuvres’’ du pouvoir sont dures à avaler, mais cela n’autorise pas le boycott qui n’est rien d’autre qu’un blanc-seing transmis à Macky.

Comme quoi, ceux qui auront boycotté la présidentielle porteront la responsabilité historique d’avoir participé à l’œuvre d’appauvrissement de notre démocratie dont le rayonnement est stoppé net par les égos surdimensionnés et les ambitions démesurées des hommes politiques qui sont prêts à tout pour arriver au pouvoir et pour y rester.

dakarmatin

 







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