Commercialisation de l’arachide : Pape Dieng dévoile les ambitions de la Sonacos

Le Directeur général de la Sonacos (Société nationale de Commercialisation des oléagineux du Sénégal), a été, ce samedi, l’invité du Grand Oral. Sur les ondes de la 97.5 Rewmi FM, Pape Dieng est revenu sur la situation de son entreprise ainsi que les objectifs qu’ils se sont fixés. Morceaux choisis.

 Campagne de commercialisation de l’arachide

« Sonacos va prendre part à cette campagne de commercialisation de l’arachide qui démarre justement aujourd’hui, lundi 3 décembre, parce que c’est son rôle. Comme vous le savez, Sonacos est une société nationale avant d’être privatisée en 2006. Après une privatisation qui a duré 10 ans, l’Etat a décidé à nouveau de racheter Sonacos. Au moment de rachat de la Sonacos par l’Etat, elle avait collecté 7.000 tonnes. En mai 2016, quand j’ai été nommé Directeur général, toutes les usines de la société étaient à l’arrêt. Les salaires étaient payés par l’Etat. Donc, l’objectif premier était de redémarrer les usines et l’activité de Sonacos. On s’est attelé à cela pour redémarrer les usines. On a commencé avec les 7.000 tonnes et on a commencé aussi à payer les salaires des travailleurs. Dans la campagne qui a suivi, on est passé de 7.000 tonnes à 96.000 tonnes. L’année dernière, c’est-à-dire la deuxième campagne que j’ai dirigée à Sonacos, on a eu 187.000 tonnes. Cette année, notre objectif est d’acheter 200.000 tonnes. Pour cela, nous avons déjà un financement de la Banque islamique à travers sa filiale commerciale à hauteur de 60 millions de dollar. Ça, c’est pour le démarrage de la campagne et après on va trouver d’autres financements pour pouvoir collecter les 200.000 tonnes. »

L’apport de l’Etat du Sénégal

« Je crois qu’il est bon de clarifier certaines choses parce qu’on parle souvent de la campagne, on parle de l’Etat. L’arachide est un produit dont la transformation nous permet d’avoir de l’huile brute. Et cette huile brute suit un cout mondial. Aujourd’hui, le cout mondial est tellement faible que si on devait acheter l’arachide à son prix économique normal, le prix est à 145 francs. Lorsqu’on a calculé le prix indexé au cout mondial de l’huile brute, le Chef de l’Etat a dit qu’on ne peut pas accepter une telle baisse de revenus au niveau du monde rural. Et que l’Etat va payer le différentiel entre le prix auquel on a acheté l’année dernière l’arachide, c’est-à-dire 210 francs, et le cout mondial normal qui est le prix économique de 145 francs. Donc, sur chaque kilogramme d’arachide qu’on achète chez le paysan, l’Etat versera 65 francs. Donc, voilà un peu ce que l’Etat verse. Si on n’achetait que 3.000 tonnes, vous multipliez 3.000 tonnes par 65 francs, ça vous fera 19.500.000.000 rien que pour le différentiel entre le prix normal et le prix auquel nous achetons le prix de l’arachide. Le problème qui se pose, et c’est très important de le préciser, c’est que l’année dernière, nous avons exporté autour de 150.000 tonnes. L’année dernière l’Etat a suspendu la taxe à l’exportation. L’année d’avant, nous avons exporté 300.000 tonnes et il y avait la taxe. Donc, l’exportation n’est pas liée à la taxe. L’exportation est liée au cout mondial de l’huile. C’est-à-dire que quand les couts de l’huile montent, le prix de l’arachide qui est pratiqué au Sénégal permet d’exporter. Mais quand les couts mondiaux baissent et que l’Etat décide de compenser les prix en indiquant le prix qui n’est pas un prix économique mais un prix social là, nous ne pouvons pas exporter nos graines parce qu’elles sont chères. »

Les travailleurs doutaient de la participation de la Sonacos à cette campagne à cause de la dette

« Les travailleurs ont tenu une conférence pour expliquer qu’on emprunte de l’argent aux banques. On achète l’arachide que nous transformons en huile. Nous mettons cette huile sur le marché et, à cause des commerçants qui importent de l’huile de palme, de l’huile de tournesol, de l’huile de soja,… qui ne sont vraiment pas de qualité, qu’ils mettent en concurrence contre l’huile d’arachide, là ça pose problème. Ça pose problème parce que le cout mondial de l’huile de palme est à 400 dollars et celui de l’huile d’arachide est à 1.100 dollars. Ces deux huiles, vous voulez les mettre sur le marché et les vendre au même prix, mais ce n’est pas possible. Maintenant, qu’est-ce qui s’est passé ? C’est que pendant longtemps, on a laissé entrer l’huile de palme, l’huile de tournesol, de soja,… Mais encore que toutes si ces huiles étaient déclarées de façon correcte, là encore on aurait pu organiser ce secteur en disant comment on va opérer cette commercialisation de l’huile au Sénégal. Et nous, on s’interroge si les droits de douane sont payés correctement. Quand le Directeur de la douane dit lui-même à ses inspecteurs, à ses officiers, que la fraude est en train de tuer notre industrie, la Sonacos, et la Css pour le sucre. Nous pouvons le répéter et on connaît les auteurs. Le Sénégal est le pays où tout se fait. »

Vétusté des machines de la Sonacos

« Vous avez effectivement raison de parler de la vétusté des machines parce qu’au moment de la privatisation, le repreneur avait pris l’engagement d’investir 16 milliards pour mettre à niveau l’outil de production. Malheureusement, il n’a rien fait. Je vous ai dit qu’au moment où je prenais service, toutes les usines étaient à l’arrêt. Maintenant, on est en train de réhabiliter l’outil de production et on est en train de travailler avec des fournisseurs indiens pour améliorer notre capacité de décorticage et notre capacité de trituration. Je crois que d’ici trois mois, on devrait quand même améliorer cette capacité. Par ailleurs, la grande usine de Bel Air, c’est elle qui fait le raffinage. Le problème de la Sonacos c’est que pendant longtemps, c’était le fleuron de l’industrie au Sénégal. Et pendant longtemps, c’était le premier du point de vue des chiffres d’affaire, la première entreprise sénégalaise mais, malheureusement, cette situation s’est détériorée. »

Cheikh Moussa SARR







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